dimanche 31 août 2014

Guadeloupe: les éco ambassadeurs du collège Carnot à la découverte de la Désirade



Les éco ambassadeurs du collège Carnot à  la découverte de la Désirade

Le mercredi 25 juin 2014, les éco-ambassadeurs des ateliers Art’Tice et Jardin créole, acteurs du projet Coménius du collège, se sont rendus en Désirade (petite île faisant partie de l'archipel guadeloupéen et située à l'est de la Guadeloupe dite continentale) en arborant un tee-shirt à l’effigie du projet COMENIUS
Cette journée de découverte s’inscrit en droite ligne  dans le cahier des charges du  projet à savoir la connaissance de son environnement, son appréhension et sa gestion ainsi que la visite de sites remarquables dans la gestion et le recyclage des déchets.
A ce titre, la Désirade, tout petit territoire, bien avancée dans sa quête d’autonomie quant à la gestion de ses déchets constitue pour nos élèves un bon terrain d’apprentissage. Elle constitue un exemple local, prenant en compte la double insularité et ses particularités face aux déchets.
A la descente du bateau, après une traversée de 45minutes, les élèves ont été accueillis à la déchetterie de l’île et ont pu visiter toutes les infrastructures qui seront prochainement mises à disposition des Désiradiens. Monsieur MIRRE, directeur du service technique de la mairie et monsieur CONTARET, ont ainsi présenté la plate-forme technique et donné toutes les informations nécessaires pour expliquer son fonctionnement. Les explications étaient riches et  précises, les échanges furent nombreux. Nos éco-ambassadeurs n’ont pas manqué de noter, que dans cet espace, l’électricité sera d’origine le solaire, l’eau de pluie permettra d’arroser les espaces verts à l’aide d’ un système de gouttes à gouttes…rien n’a été négligé.
Monsieur MIRRE, nous a notamment expliqué, avec toute sa passion et son professionnalisme,  la volonté de la mairie de responsabiliser la population Désiradienne quant à la gestion (réutilisation, recyclage et réduction) du déchet.
A ce jour, sur les 700 foyers que compte l’ile, 150 ont reçu un composteur, le tri sélectif est effectif sur l’ile et s’allie à la réutilisation des matériaux : les collecteurs de canettes ont été fabriqué avec des palettes en bois, les collecteurs de bouteilles plastiques avec de vieux filets de pécheur et du tuyau d’arrosage…Sur ce petit territoire de 11 km de long  sur 2 km de large, 20 points de collecte ont été mis en place.
Poursuivant la réflexion sur la problématique du déchet,  Il nous a aussi fait part de son questionnement sur une autre  forme  d’emballage des produits manufacturés, par exemple.
A l’issue de cette visite, nos éco-ambassadeurs sont repartis plus confortés que jamais dans leur rôle et la tête remplie de nouvelles idées à développer.


Après avoir remerciés Messieurs MIRRE et CONTARET de leur accueil et de la richesse de leur exposé, il était temps de découvrir l’ile dans son intégralité.
Les élèves ont alors sillonné l’île en découvrant :
-           des espèces botaniques adaptées au milieu : essentiellement des arbustes et des  buissons, dont le port en drapeau  témoigne de la force des vents, la réduction des feuille témoignant, elle, du climat très sec. Quelques cactus, dont le plus emblématique est « la tête à l’anglais », avec ses fruits rose fluo, comestibles.

-          des espèces animales : notamment des iguanes détalant à l’arrivée du minibus, un agouti, des cabris en grand nombre sur l’île.

-          le parc d’éoliennes, sur les hauteurs de l’île appelée le  plateau,  qui permet à l’île d’être autonome sur une partie de son électricité, l’arrivée de la canalisation d’eau (canalisation sous-marine reliant la Guadeloupe à la Désirade) qui permet à la population de bénéficier de l’eau courante, les citernes d’eau, présentent dans chaque propriété afin  de récolter l’eau de pluie…

-          de magnifiques plages : la plage à Fifi, la plage du Souffleur…

-          la réserve naturelle de Baie-Mahault, avec l’ancien bâtiment de météorologie qui fut détruit en grande partie par le cyclone Hugo (1989) et qui a pour vocation de devenir un musée géologique. En effet, l’ile de la Désirade fait partie des sites géologiques remarquables dans le monde, car  située en bordure d’une des plus importantes fosses marines du globe (5600 m) et de par la présence de roches magmatiques datées du jurassique supérieur (145 MA) ayant permis, en partie, de retracer l’histoire de la géologie de l’Archipel.

Après cette visite très enrichissante, il était temps de reprendre des forces…
Nous avons déjeuné, sur la plage du souffleur, nos éco-ambassadeurs ont pu se régaler et profiter de ce cadre magnifique et reposant.
Après cette pause repas et détente, les élèves ont visité une exposition destinée à promouvoir la Désirade, réalisée par les collégiens de l’ile.
Puis, ce fut l’heure du départ. Nos éco-ambassadeurs sont rentrés enrichis par cette journée, fourmillant d’idées nouvelles à explorer,  fatigués mais satisfaits. Tous se promettant de revenir.
   

lundi 11 août 2014

Belgique: Le déchet dans le passé

Le déchet dans le passé, témoignages recueillis dans la province de Liège



Monsieur Henri, né en 1935, a vécu sa jeunesse en ville.


«  Quand j’étais jeune, les poubelles existaient déjà. C’était des poubelles métalliques. On y mettait essentiellement des déchets ménagers. C’étaient les ménagères qui s’occupaient des poubelles. Les camions emportaient le contenu et le jetaient dans des remblais.


Les vêtements qu’on ne portait plus étaient donnés au Cercle Paroissial, les emballages étaient brûlés dans le foyer mais il n’y en avait pas beaucoup. Les savons étaient solides même pour la lessive, on n’avait pas besoin d’emballage. »


Madame Maria, née en 1929, a vécu sa jeunesse à la campagne dans une ferme.


« On mettait tout à point ! Les restes des repas, on les donnait aux chats et aux cochons. Les épluchures de pommes de terre et celles des autres légumes, on les jetait sur le fumier.  On jetait le contenu des toilettes dans la fosse à fumier. Le papier toilette était du papier journal puis quand on a eu le téléphone, c’était des feuilles de l’annuaire téléphonique.


Pour les vêtements, on récupérait tout. Hors de deux robes, on en faisait une avec par exemple le dessus fleuri et le dessous uni. On réparait les chaussettes. Avec un drap de lit, un couvre lit, une petite robe, on faisait des mouchoirs. Les tissus des mouchoirs actuels sont moins absorbants.


J’ai même eu un tablier double face pour aller à l’école, avec une poche à l’endroit et une poche à l’envers. »


Madame Joséphine, née en 1925, a vécu sa jeunesse à la campagne dans une ferme.


« On réutilisait tout. Comme on ne mettait pas de détergent dans l’eau de vaisselle alors on pouvait la donner aux cochons qui mangeaient aussi tous les restes de  la cuisine.  On faisait du fromage  et les voisins venaient en acheter. Ils apportaient eux-mêmes leurs boîtes et leur cruche pour le lait. Pour la viande, on tuait de temps en temps, un cochon et on le préparait entièrement. Comme on n’avait pas de congélateur, on le mettait dans le sel dans des pots en grès, dans la cave.  A la ferme, on n’avait pas l’eau alimentaire, mais il y avait des puits dans toutes les fermes. On puisait l’eau puis on l’entreposait dans la cave. Pour se laver, pour la lessive, on utilisait l’eau de pluie. »


Madame Simone, née en 1927, a vécu sa jeunesse à la campagne.


« Il me semble qu’on n’avait pas de poubelles ou en tout cas pas beaucoup. Les épluchures des pommes de terre, on les jetait dans le feu.  Au magasin, tout était à peser, on achetait des grains de café qu’on nous mettait dans un sachet ou dans une boîte et on devait les moudre à la maison, le sucre était dans des boîtes en carton. Je me souviens de ma grand-mère qui était épicière : on venait chez elle avec des bouteilles qu’on remplissait de vinaigre, d’huile, …. Je crois que toutes les bouteilles étaient consignées. On nous les mettait puis on les rendait. Il n’y avait pas de nourriture déjà emballée. On achetait le lait, le beurre, les œufs et le fromage à la ferme. »


Madame Jeanne, née en 1923, a vécu sa jeunesse dans une petite ville.


«  Il y avait beaucoup de métiers qui n’existent plus. Un rémouleur passait deux ou trois fois par année pour aiguiser les couteaux, le laitier déposait des bouteilles de lait en verre puis qui les reprenait la semaine suivante. Je me souviens d’un fermier qui venait chaque semaine à vélo nous vendre ses œufs. Mon père racontait qu’il avait connu un vendeur de lait qui faisait sa tournée avec une carriole tirée par un grand chien. Quand j’étais jeune, on n’avait ni téléphone, ni radio, ni télévision. C’était une autre vie (…) mais je ne rappelle pas qu’on avait des poubelles.  »


Madame Marie, née en 1930, couturière, a vécu toute sa vie à la campagne.


« On peut dire que pour s’habiller, on a toujours recyclé. On retournait les cols de chemise quand ils étaient usés. C’était devenu tellement naturel que même ma fille le fait encore pour les chemises de son mari, quand elle aime bien le tissu. On recoupait les manches usées, on rapiéçait les vêtements, la literie, on raccommodait les chaussettes trouées. On ne jetait rien. On récupérait les bouts de tissus, de lainage, … pour faire des flocons pour rembourrer les coussins ou les matelas. Comme les tissus étaient en coton, on utilisait aussi les restes pour en faire des mouchoirs qu’on brodait à nos initiales. Quand un pull était trop petit ou troué et qu’on ne savait pas le réparer, on le détricotait et on réutilisait la laine pour un nouveau  tricot. Pour avoir un fil plus épais et plus solide, on utilisait deux fils ensemble.»